Légendes et monstres du Marais Poitevin

Le Marais Poitevin, et son labyrinthe de canaux ombragés, a également sa part d’histoires surnaturelles en tous genres. Son paysage si calme et apaisant durant le jour se transforme subitement en terre inhospitalière et inquiétante dès la nuit tombée, laissant libre court à l’imagination humaine… De nombreuses légendes et histoires de monstres ont traversées les siècles pour parvenir jusqu’à nous aujourd’hui.

Les légendes des Garous – les animaux diaboliques du marais

Nombre des légendes du Marais Poitevin sont racontées dans les fameux « Contes de la Pigouilles » de Louis Perceau. L’auteur y relate les histoires de Garous (ou loups garous), des sorciers ou sorcières qui se transforment la nuit en animaux pour courir les champs et les marais. Lorsque l’un deux a fait un pacte avec le Diable qui lui confère la faculté de jeter des sorts à ses voisins, à leurs vaches, à leurs marais ou à leurs arbres, il doit, un certain nombre de nuits par an, se transformer en bête et parcourir avant le jour le territoire de cinq communes. Bien entendu,  seule une balle ou une arme bénite peut l’atteindre et toute blessure lui rend à l’instant sa forme humaine, et, si elle n’est pas mortelle, le délivre à jamais de ses obligations nocturnes de son pacte avec le Diable.

Il existe plusieurs sortes de Garous qui constituent de nombreuses légendes et toute la faune surnaturelle du Marais Poitevin :

Le Cheval Mallet – mieux vaut marcher à pied…

Légende du cheval mallet dans le marais poitevin
Le Cheval Mallet

Le Cheval Mallet est un cheval qui vient offrir son échine au voyageur solitaire et épuisé à la tombée de la nuit. Malheur à celui qui accepte de monter dessus ! Le Cheval-Mallet l’emporte dans une course infernale pendant toute la nuit sans que personne ne puisse l’arrêter pour le jeter le plus souvent à terre au petit matin, avec quelque membres brisés voir pire… Lorsque la victime succombait, on retrouvait souvent près de son corps, des traces de sabots à la forme étrange


La Ganipote (ou galipote) – mignonne mais diabolique

Légende de la ganipote dans le marais poitevin
Ganipote

La Ganipote apparaît sous l’espèce d’une petite chèvre blanche qui vient bêler gentiment auprès du voyageur et l’entraîne ainsi insensiblement dans le lointain jusqu’à ce qu’il soit égaré et complètement épuisé.

La beliche – une corrida nocturne en plein marais…

La Beliche est bien l’animal le plus étrange que la terre ait porté ! C’est tantôt un tout petit agneau, tantôt un petit chien égaré que le voyageur apitoyé charge sur son épaule et qui se transforme alors en quelque animal énorme et pesant, pour écraser et étouffer le porteur. Le Beliche jouit de l’étrange propriété de modifier sa forme et sa grosseur à volonté. Dans ces occasions, elle grossit à vue d’œil et finit par se transformer en vache furieuse qui se précipite les cornes basses sur le malheureux que sa mauvaise étoile a conduit devant elle.

légende de la beliche dans le marais poitevin
La Beliche – légende du Marais Poitevin

La Chasse-Gallery – Mieux vaut rester au chaud les soirs de tempête…

légendes de la chasse galery marais poitevin
La Chasse Galery

La Chasse-Gallery a lieu les nuits de tempête. Il s’agit d’un groupe de chasseurs aériens maléfiques menant leur attelage infernal et bruyant de chevaux et chiens de chasse par-dessus les peupliers et les toits des cabanes de la Sèvre Niortaise. On dit que le meneur de cette horde terrifiante était jadis un homme que Dieu a puni pour avoir manqué la messe de nombreuses fois au profit de la chasse… Son âme fut condamnée à errer les nuits de tempête avec son cortège de chasseurs et sa meute terrifiante à la recherche des âmes perdues des pêcheurs pour les entraîner en enfer…

La légende du bras rouge – le noyeur d’enfants

Contrairement aux autres légendes, le bras (ou main) rouge quant à lui n’est pas un animal. C’est un Croquemitaine, un personnage maléfique destiné à décourager les enfants de s’approcher de l’eau (rivières, canaux, fontaines et puits) ou se pencher par-dessus les barques pour voir le fond de l’eau…. A la moindre occasion, son bras rouge ensanglanté sort de l’eau pour attraper l’enfant et l’emmener jusqu’au fond de l’eau pour le noyer et le conserver auprès de lui.

légende du bras rouge dans le marais poitevin
La légende du bras rouge dans le Marais Poitevin

La légende du Bitard – le cousin du Dahu

légende de la chasse au bitard dans le marais poitevin
Le bitard ressemblerait-il à ça ?

Le Bitard, animal « attrape couillons » du marais, est l’équivalent du dahu dans d’autres régions françaises. Pour attraper un bitard, il faut deux personnes : un spécialiste du canular et….un couillon (n’ayant jamais entendu parler du bitard bien entendu). Le bitard est à peine trois fois plus gros qu’un beau lièvre. Il s’attrape avec un grand sac les soirs de grands froids en hiver dans le marais. Au milieu d’un chemin creux, indiquant le passage régulier d’animaux sauvages, plantez deux piquets assez près l’un de l’autre. Plantez deux autres piquets plus en avant pour établir une double barricade de cordes tendues, qui rétrécissent la voie pour amener le gibier dans le passage. Tendre un grand sac, la gueule ouverte à l’aide d’un cercle de barrique. Demandez au couillon de se coucher à côté de la goule du sac et de ne pas bouger. Dès qu’un bitard entrera dans le sac, il faudra alors sauter dessus, fermer et ficeler le sac. Pendant ce temps, le spécialiste du canular ira battre les alentours à deux ou trois kilomètres afin de rabattre quelques bitards vers le piège… Il n’est pas rare que le farçeur rentre directement chez lui au chaud pour aller se coucher en laissant le couillon transi de froid, allongé sur la terre gelée dans la nuit obscure, à attendre que viennent se prendre au piège quelques bitards dont personne ne peut confirmer l’existence

Les légendes du Marais Poitevin sont nombreuses et variées. Toujours partant pour une balade dans le Marais Poitevin durant la nuit ?  😀

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