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Crues hivernales dans la Venise Verte

Crues hivernales dans la Venise Verte

La Venise Verte, un territoire à deux visages

L’hiver dans le Marais Poitevin, il ne s’y passe jamais rien…

C’est sûr, le flot estival de visiteurs a bien disparu ! Il est loin le ballet des barques parcourant les canaux de la Venise Verte avec ou sans guides-bateliers. Avec l’arrivée de l’automne puis de l’hiver, les couleurs du paysage se métamorphosent.

Ce marais d’ordinaire si vert, qui a donné son nom à la Venise Verte, a changé de couleur. Les feuilles des frênes têtards et des peupliers sont tombées. Les iris jaunes, les nénuphars et les lentilles d’eau ont disparu sous l’eau pour mieux renaître au printemps suivant. Le marais mouillé a perdu son manteau de verdure et notre regard peut désormais balayer le paysage pour mieux apercevoir à travers champs les rangées d’arbres laissant deviner l’emplacement des canaux. Tout est plus calme dès lors que l’agitation humaine des beaux jours a disparu. D’autres habitants de la Venise Verte eux n’ont pas stoppé leurs activités quotidiennes. Les hérons cendrés, ragondins, poules d’eau et une grande partie de la faune du Marais Poitevin n’hiberne pas. Durant toute la journée, on aperçoit beaucoup plus facilement cette faune d’ordinaire dissimulée par la végétation locale.

Puis soudain, quand la nature nous réserve des hivers pluvieux, le paysage change radicalement… Le Marais Poitevin retrouve alors sa vocation d’origine, à savoir une immense cuvette récupérant les eaux de pluie des terres environnantes situées à une altitude légèrement supérieure. Les rivières chargées en eau de la Sèvre Niortaise, de la Vendée, de l’Autize, du Mignon et du Lay se jettent dans le marais mouillé, passage obligé avant d’atteindre la mer, située à 50 kilomètres de là. Afin de protéger de l’inondation la partie desséchée du Marais Poitevin, servant à l’agriculture et à l’élevage, le marais mouillé se sacrifie et accueille les crues. On peine à le croire, mais l’eau peut monter jusqu’à 1 mètre au-dessus des terres de la Venise Verte. Le paysage ressemble alors à un immense lac parsemé d’arbres dont les troncs jaillissent des flots. Les crues ne durent généralement jamais plus d’une semaine.

Pour mieux vous rendre compte de ce changement de paysage, voici quelques clichés pris en 2014 à proximité de Coulon, dans la Venise Verte. Les photos ont été prises avec le même angle de vue avant et pendant une crue dans le marais mouillé.

Point de vue 1

Point de vue 2

Point de vue 3

Point de vue 4

Point de vue 5

Point de vue 6

Point de vue 7

Point de vue 8

Vous ne verrez plus la Venise Verte de la même façon lors de votre prochaine visite en ces lieux ! A votre tour, avez-vous déjà parcouru le marais mouillé durant une crue hivernale ?

A propos de l'auteur

Romain Gaillard

Blogueur et rédacteur web. Photographe et vidéaste amateur. Aventures en kayak, à pied et à vélo dans la nature. Autres passions : paramoteur et spéléologie.

4 commentaires

  1. Emeraude

    Article fort sympathique, une lecture agréable. Ce blog est vraiment pas mal, et les sujets présents plutôt bons dans l’ensemble, bravo !

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  2. Florent

    Cela arrive souvent lors des périodes de grandes pluies et des forts coef de marais que la venise soit débordée. J’ai entendu dire que l’année 2014 était la première fois où il y a eu autant d’eau…

    Réponse
    • Romain Gaillard

      Florent,
      Oui en général, il y au minimum une crue par an dans le marais mouillé (Venise Verte). Le niveau de la crue varie en fonction des précipitations reçues dans le marais mais aussi autour, dans le bassin versant. En 2014, nous avons eu droit à une crue mais pas si importante que ça (l’eau était tout de même sur les champs). En revanche, les crues les plus significatives dans le Marais Poitevin ont eu lieu en 1904, 1936 (le record), 1982 et 1995. Il n’est pas rare que les rues de Niort qui côtoient la Sèvre niortaise soit inondées durant les fortes crues.

      Réponse
    • thesa

      Amusant! Pour les non natifs ou personnes nées des dernières gouttes, sûrement un record ces coeff! ils étaient liés au niveau particulièrement haut de la mer, parait-il.

      J’ai grandi dans une ferme du marais Poitevin.
      Avec notre papa, enfants, durant les mois de février et mars, le dimanche, nous allions nous promener dans les champs inondés où couraient et chantaient les ruisseaux de pré-printemps. Un paradis!
      Il n’y a pas si longtemps, il n’était pas rare que la neige tombe en hiver, une neige épaisse.
      Il n’était pas rare non plus qu’une glace épaisse s’installe dans les fossés. On voyait aussi dans les arbres, étinceler au soleil des stalactites d’eau gelée, cela durant des journées entières, tant le dégel était lent.

      Réponse

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